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Naruto "if" (Kana Nishiro)
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22 Tout cela arriva pour que s'accomplisse ce que le Seigneur avait dit par le prophète : 23 Voici que la vierge concevra et enfantera un fils auquel on donnera le nom d'Emmanuel, ce qui se traduit : « Dieu avec nous ». 24 A son réveil, Joseph fit ce que l'ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse, 25 mais il ne la connut pas jusqu'à ce qu'elle eût enfanté un fils (premier né), auquel il donna le nom de Jésus. »
Le récit actuel de Matthieu semble suggérer au verset 25 que la consommation n'eut pas lieu, mais le Talmud permet de penser qu'il l'a bien fait. De plus, il était conseillé au mari dans le Talmud de coucher avec sa femme enceinte afin de rendre plus vigoureux son futur enfant. La traduction en syriaque – c'est – à – dire en araméen – de l'évangile de Matthieu, retrouvé dans le Codex Sinaïticus, donne une version proche du Talmud qui était peut-être antérieure à celle du récit actuel de l'évangile de Matthieu: « A son réveil, Joseph fit ce que l'ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse, et elle lui enfanta un fils, auquel il donna le nom de Jésus. »
Cet aspect dans ces récits est compréhensible, car ceux à qui est donné l'annonce se retrouve devant Yahvé ou l'ange de Yahvé, dénommé ange du Seigneur au v. 20, qui est une manifestation de Yahvé en personne dont il fut séparé à l'époque hellénistique (l'ange Gabriel est alors qualifié de ce texte dans les textes rabbiniques), qui a pour mission de révéler la volonté divine, ce que démontre les versets suivants, les v. 20-21 qui présentant l'annonce de la conception et de la naissance d'un enfant et de la mission confiée à l'appelé, en termes propre à ce genre de récit (concevoir, enfanter, lui donner le nom qui exprimera sa mission) : Marie, ton épouse, t'enfantera un fils auquel tu donneras le nom de Jésus, car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés, identique à Genèse 16, 11-12 ; 18, 10-15 ; et Juges 13, 3-5, et plus particulièrement à ce dernier récit concernant la naissance du juge Samson car comme Jésus « sauvera son peuple de ses péchés » de même Samson « commencera à sauver Israël de la main des Philistins ». Donc ce récit d'annonciation annoncerait la libération d'Israël par Jésus. 


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Aussi l'évangile est-il très virulent contre les autorités juives du temps de Jésus, dominée par l'omniprésence, le plus souvent hostile, des Pharisiens ; dans sa relecture de Marc, Matthieu a fréquemment ajouté leur présence inamicale (comparer par exemple Marc 7,17 et Matthieu 15,12). Ce portrait des juifs correspond donc moins à celui des interlocuteurs de Jésus qu'à l'image du judaïsme après 70 que Matthieu a sous les yeux
Il est difficile cependant de s'appuyer avec sûreté sur ce dernier exemple : la date de ce livre apocryphe reste toujours très discutée, bien que la majorité des spécialistes pensent à une date entre 80 et 90, et il semble avoir été l'objet de remaniements judéo-chrétiens. Quoi qu'il en soit, cette naissance hors du commun veut surtout souligner la radicalité du don de Dieu.
Des songes qui rappellent étrangement ceux de Joseph, fils de Jacob le patriarche (Genèse 37, 5-1; 19), et le parallèle très proche du rêve d'Amram, père de Moïse, raconté par Flavius Josèphe dans les Antiquités Judaïques (Livre II, 3, 210-216). Il ne faut pas oublier que l'évangéliste Matthieu englobe l'annonce de la naissance de Jésus dans une approche qui consiste à démontrer que Jésus est le Prophète ultime de Deutéronome 18, qui remplacera Moïse, et que dans cette approche, il s'est inspiré des midrach concernant la naissance de Moïse pour montrer la concordance entre les deux personnages.
Dans cette optique, la seule façon de répudier discrètement une femme, était de ne pas écrire les motifs sur la lettre de répudiation. Trois raisons le permettait en droit juif, soit un inceste (à Alexandrie, on accusera le frère de Marie d'être le père de Jésus), soit un viol dans un endroit isolé, car la jeune femme même en criant, ne pouvait recevoir de secours (le cas de Deutéronome 22, 25-26), soit la consommation du mariage avant terme, disposition prévue par les rabbins de Judée, où le contrat était renforcé par le fait de la « prise de possession » de la fiancée dans la maison du beau-père, mais n'avait pas cours en Galilée, plus respectueuses des conventions. Le v. 25 également, ne concerne pas uniquement dans le Judaïsme de l'époque de Jésus, les relations sexuelles au sens biblique de « connaître ». L'avocat, écrivain, penseur et homme politique franco-israélien, André Chouraqui (1917-2007), dans sa traduction des Quatre Evangiles, Un Pacte neuf (Brépols, 1984), proposait une autre explication : dans le Judaïsme, il exprime aussi le fait de ne pas comprendre quelqu'un, ici Marie dans le cas de Joseph. L'évangéliste a sans doute joué sur les deux sens, peut-être pour attirer des païens au sein de sa communauté.
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